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66 commentaires:

  1. Bonjour monsieur.
    J'ai une question qui me vient de temps en temps mais je n'ai pas de réponses:
    Est-ce que le manvantara dans lequel nous sommes est limité a notre systeme solaire ou s'etend-t-il a tout l'univers corporel, c'est a dire a tout l'univers visible.
    En d'autres termes si je prend l'exemple d'un système solaire trés éloigné de nous sera-t-il dans un autre manvantara ou dans le meme que nous?

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  2. Bonjour monsieur,

    Le Manvantara c'est le cycle qui concerne notre humanité, et l'univers visible pour elle c'est le point de vue terrestre, donc je crois que le Manvantara concerne uniquement ce point de vue. Les astres du système solaire n'y sont inclus que sous ce point de vue particulier (d'ailleurs dans l'astrologie traditionnelle il n'y a que les astres visibles à l’œil nu), les étoiles visibles y sont incluses au même titre, et tout ce qu'on connaît de plus c'est par des machines qui le transposent pour le faire rentrer dans notre champ de perception corporel.

    En fait je crois que le Manvantara est plus limité par notre humanité que par l'espace ou le temps. Enfin il est délimité, de fait, par les limitations spatiale et temporelle de cette humanité. Si celle-ci pouvait se transporter tout ou partie dans un endroit très éloigné spatialement de la terre, elle serait encore concernée par lui, mais je pense que ce serait contre la nature des choses.

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    1. Bonjour,
      et merci pour ce travail impressionnant, à commencer par vous-même...
      Je crois pour ma part, en y réfléchissant bien, que l'humanité terrestre (peuplant le globe terrestre) ne saurait être qu'une fraction (infime) d'une "humanité" plus large, étendue à l'échelle du cosmos (= l'état humain dans son ensemble, modalité corporelle + autres modalités).
      Ces innombrables "fragments" de l'humanité totale, qu'on pourrait aussi appeler Pan-Humanité, se déploient chacun autour d'une étoile et sur une planète soumise à des conditions uniques et spécifiques, chacune ayant donc sa physiologie et sa physionomie propres (pas nécessairement humanoïde), même s'il est possible qu'existent certains caractères "invariants" communs à toutes ces manifestations locales de l'Adam macrocosmique,
      comme l'existence d'un axe vertical et peut-être d'une symétrie gauche/droite?... L'invariant spirituel (le plus important!) étant la capacité (sinon l'actualité) de réalisation de l'Homme Universel.
      A partir de là, il coule de source que chaque humanité sera d'une période différente d'un cycle qui lui est propre, rien n'empêchant d'imaginer que certaines soient dans des phases de résorption principielle, tandis que d'autres sont en plein "âge d'or", etc.
      Il se peut même que certains événements célestes, que les astrophysiciens modernes croient être d'origine purement matérielle, soient en fait de nature physico-spirituelle (ex : mondes en cours d'apocatastase, impliquant une libération d'énergie phénoménale, mesurable à l'échelle galactique?).
      Je suis passionné depuis quelques années par ces perspectives et suis en train d'écrire un opuscule sur ce sujet, largement inspiré par l'école pérennialiste notamment René Guénon, Léo Schaya, Titus Burckhardt, etc.
      Bien cordialement,
      Frank.

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    2. Le parallèle entre le channeling et le spiritisme est judicieux.

      Une autre hypothèse qu'il faudrait évoquer est la forme du domaine subtil au dessous de la "sphère de la lune" : est-elle attachée "localement" à la forme humaine terrestre ou pas ? Dit autrement, y a-t-il une sphère de la lune séparée pour chaque planète qui héberge la vie, ou bien une sphère unique, indifférenciee ? Au delà, bien sûr, il ne peut y avoir qu'un seul Etre puisque c'est le domaine supra-individuel.

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    3. Bonjour,
      Merci à vous. C'est possible, après cela reste de l'imagination, et je ne sais pas ce que cela nous donne comme appui pour une compréhension plus profonde ? Le domaine subtil n'est pas limité par l'espace de toute manière. Pour la réalisation de l'Homme Universel, au niveau macrocosmique, elle comprend tous les êtres sans exception.
      Bien cordialement.

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    4. Ah désolé, j'avais effacé mon message entretemps, le voici :

      Il y a une chose qui est curieuse, c'est que la croyance aux "hommes" extra-terrestres (avec tout ce que cela comporte d'irrationnel) semble être la seule chose un peu étrange acceptée par le matérialisme ambiant, comme si on avait trouvé là une façon commode de projeter dans le domaine corporel, le seul que l'on accepte désormais, tout ce qui était auparavant situé dans le domaine subtil ou informel. D'où cet intérêt contemporain pour une vie extra-terrestre, qui n'a rien d'improbable, mais il ne doit pas y avoir besoin de quitter les abords de la planète terre pour pouvoir entrer en contact avec des êtres très différents de ceux auxquels on est habitués. D'autre part, il y a une continuité entre les théories sur les extra-terrestres et les théories spirites, qui décrivaient des réincarnations successives sur telle ou telle planète, et le channeling a simplement remplacé le dialogue avec les "morts", ce qui fait encore penser à une interprétation de plus en plus matérialisée de choses d'ordre subtil.

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    5. Pour la sphère de la lune, je pense que c'est quelque chose de notre environnement immédiat qui sert de symbole pour désigner quelque chose au delà de nos perceptions corporelles et de nos particularismes. Parce que l'ensemble du domaine subtil est situé dans ce qui est appelé la sphère de la lune, et d'autre part tout ce que nos yeux voient appartient par définition au domaine corporel ou au domaine des sens.

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    6. Oui Tagada, ce n'est pas faux... Pour ce qui concerne les ramifications "néo-spirites" que l'on retrouve dans le Nouvel Âge (ou New Age) notamment... En rapport aussi avec l'Ufologie, qu'un auteur comme Jacques Vallée a "démontée" en en montrant les invariants à caractère folklorique, ce qui tendrait à attester d'une origine subtile, bien plus qu'extra-terrestre des manifestations en question (cet auteur - qui pourtant à l'origine croyait en l'interprétation Ufologique classique - a finalement prouvé, selon des méthodes semblables à celles de Joseph Campbell, l'existence de constantes de nature symbolique permettant des rapprochements avec les folklores d'époques et lieux les plus divers).
      Pour ma part je me place à un tout autre point de vue que celui du Nouvel Âge et de l'Ufologie : ce qui m'intéresse, c'est bien davantage les possibilités d'un rapprochement entre les données traditionnelles de la théorie des cycles cosmiques (mais limitée, vous l'avez compris, à l'extension indéfinie de la modalité spatiale dans le domaine de notre état humain) d'une part, et d'autre part les observations disponibles à l'échelle astrophysique dans le cadre de la recherche de vie extra-terrestre : exo-planètes abritant la vie, mais aussi (et surtout) recherche de signaux radioélectriques provenant d'éventuels mondes habités (projets type SETI), ou encore l'observation de phénomènes astrophysiques à haute énergie...
      L'intérêt en serait, à mon sens, la possibilité d'une réexposition de la théorie des cycles cosmiques (ou plutôt de sa projection sur le "plan" de notre état humain), afin d'en faire ressortir la pertinence comme outil de compréhension et d'interprétation des observations effectuées, ou de l'absence de certaines observations : Par exemple, beaucoup de chercheurs s'étonnent (paradoxe de Fermi) de l'absence de signes tangibles d'activité technologique (ou de "génie stellaire") à l'échelle intersidérale (astro-engineering disent les anglophones), ce qui s'explique très bien dès qu'on admet qu'une civilisation "techno-centrée" comme la nôtre ne saurait que le produit final - ou le résidu local et temporaire - d'un cycle anthropo-spirituel dont la finalité est en réalité toute autre... A l'inverse, l'existence d'apocatastases pourrait être attestée par l'interprétation correcte de certains phénomènes astrophysiques observables ou d'ores et déjà observés!
      C'est cette possibilité d'une "infusion" sereine mais décidée de certaines données traditionnelles pertinentes dans le questionnement scientifique contemporain qui me paraît intéressante. Montrer, finalement, qu'une compréhension correcte de l'activité macrocosmique n'est finalement possible qu'à la condition de ne pas nous couper de l'héritage de la Tradition immémoriale d'origine non-humaine.
      Bien cordialement,
      Frank.

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    7. Oui, et il y a aussi des parallèles curieux comme celui entre le premier cas de spiritisme des soeurs Fox, et le premier cas de témoignage d' "abduction" (enlèvement extraterrestre) des époux Hill, ce qui suggère le lancement et la propagation dans le domaine public d'une tendance, d'une idée spéciale, dont on ne connaît pas les véritables auteurs conscients, parce qu'on a seulement les diffuseurs publics de l'idée qui ont vraisemblablement été eux-mêmes suggestionnés.

      D'accord, c'est un gros travail, et assez difficile sous cet angle, parce que la définition de la vie selon la science moderne n'est même pas consensuelle, c'est quelque chose d'assez restrictif en tout cas, alors que Guénon explique que c'est une condition parmi d'autres de notre état et que donc elle est partout autour de nous, y compris dans les choses inanimées.

      Bien cordialement.

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    8. Oui, c'est assez troublant en effet... C'est pourquoi il est préférable je crois de se concentrer sur la modalité corporelle, qui en vertu de l'analogie (inverse) est à même de refléter le plus directement les Réalités les plus hautes...
      "Nous leur ferons apparaître Nos Signes dans l'Univers et en eux mêmes jusqu'à ce que leur devienne évident que C'est La Vérité" (Coran 41/53).
      Bien à vous!
      Frank.

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    9. Ah oui c'est sûr.
      Bien à vous.

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    10. Je reformule cette phrase très ambiguë : il est possible de se concentrer sur les signes de la modalité corporelle, pour pouvoir symboliquement comprendre l'écart sans cesse grandissant avec la réalité divine.

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    11. Oui, ou peut-être qu'on peut dire que la concentration prend simplement appui sur la modalité corporelle.

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    12. Oui Tagada!
      M. Bruno, je cite Guénon (Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques):
      "Ce dernier point de vue est évidemment celui qui importe le plus ici : il permet de voir, à l’intérieur de notre Kalpa, comme une image réduite de tout l’ensemble des cycles de la manifestation universelle, suivant la relation analogique que nous avons mentionnée précédemment, et, en ce sens, on pourrait dire que la succession des Manvantaras marque en quelque sorte un reflet des autres mondes dans le nôtre."
      Il est ici question de la succession temporelle des Manvantaras terrestres, mais rien n'empêche de se placer du même point de vue pour ce qui concerne la répartition spatiale, à un moment donné, d'une indéfinité de "Manvantaras extra-terrestres" se développant au sein de l'espace-temps.
      Dans ce cas, on pourra dire que « l’état cyclique" de certaines planètes reflétera des états d'existence infrahumains, tandis que d'autres à l'inverse symboliseront des états suprahumains, notamment informels (mondes en "transformation"), ontologiques (mondes "transfigurés") voire au-delà (mondes "résorbés")...
      Il faut se souvenir, en tout cela, que si chaque cycle d’humanité a bien une marche descendante (dû à l'éloignement progressif vis-à-vis du Principe), la succession des cycles est, quant à elle, soumise à l’Activité du Ciel, se déployant de ce fait selon un mode ascensionnel : On pourra se reportera au chapitre XXIII du Symbolisme de la Croix, « Signification de l’axe vertical ; l’influence de la Volonté du Ciel »…
      Cette progression n’a bien sûr rien à voir avec les idées modernes de « progrès », ni d’évolution darwinienne bien sûr, mais elle implique tout de même l’existence d’un immense mouvement ascendant vers l’accomplissement ontologique au sein de l’univers, dès lors qu’intervient une succession de cycles gouvernés par l’activité du Ciel.
      Cordialement,
      Frank.

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    13. Vous mettez en relation les états supra humains et infra humains avec les manvantaras, ce qui peut se justifier, mais je ne crois pas qu'on puisse les identifier. Et c'est peut-être pour cela que les astres symbolisent surtout des choses non humaines, alors que les manvantaras sont situés sur la terre, qui symbolise l'état humain tout entier.

      Vous pensez que les cycles secondaires ont une marche ascendante ? Je pensais que c'était surtout le cas pour la traversée par les êtres des cycles principaux, les kalpas qui correspondent aux différents états, dont un est l'état humain.

      Cordialement.

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    14. M. Frank,
      je ne saisis pas bien vos propos entre le symbolisme des exo-planetes et la recherche matérielle de celles-ci. Je me garderai donc d'émettre un vague commentaire.
      Concernant votre recherche de phénomènes astrophysiques de très grande énergie, il me semble aussi que vous faites le parallèle avec ce qui se passerait à la fin d'un cycle. Si c'est bien votre pensée, je ne peux y souscrire.
      Pour ce qui est de votre dernier paragraphe, oui je suis d'accord.
      Cordialement,

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    15. Oui je pense que la succession des Manvantaras terrestres a une marche ascendante, de même que la succession des Manvantaras extra-terrestres dont nous ignorons tout mais qui existent certainement, de même qu'existent des humains par-delà les océans il en existe aussi logiquement par-delà le milieu interstellaire, sur une indéfinité d'exo-planètes où la vie a permis la manifestation de l'homme Universel sous des formes qui nous sont inconnues, mais représentent autant de possibilités de manifestation... Exo-planètes, exo-Manvantaras se succédant selon une dynamique ascendante et reflétant, sur le plan du Kalpa de l'état humain, les autres états de la manifestation universelle selon l'affirmation de René Guénon extraite des "Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques":
      "Ce (point de vue) permet de voir, à l’intérieur de notre Kalpa, comme une image réduite de tout l’ensemble des cycles de la manifestation universelle, suivant la relation analogique que nous avons mentionnée précédemment, et, en ce sens, on pourrait dire que la succession des Manvantaras marque en quelque sorte un reflet des autres mondes dans le nôtre."
      Selon la perspective que je défends, la succession des Manvantaras n'est pas seulement temporelle et restreinte à la planète terre, mais également spatiale car englobant une indéfinité d'exo-terres se déployant à l'échelle galactique et au-delà, une telle multiplicité étant seule à même de rendre compte de l'immensité des possibilités de manifestation, même restreintes au seul domaine de l'état humain...
      Je ne suis pas sûr d'avoir raison en tous points, c'est pourquoi je vous remercie de me faire part de vos questions & réserves éventuelles!
      Bien cordialement,
      Frank.

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    16. Ps : Pour la succession ascendante des Manvantaras, celle-ci sera effective sous réserve bien sûr qu'intervienne une résorption principielle entre la fin de chacun d'eux et le début du suivant... Or il me semble que tel est le cas, puisqu'à la fin d'un cycle d'humanité il y a (si j'ai bien compris?) une récapitulation in Principio (cf. le symbolisme de la Résurrection) et une cristallisation des manifestations ontologiquement positives en tant qu'archêtypes dans la Jérusalem Céleste, avant que ne se manifestent "un nouveau Ciel et une nouvelle Terre", c'est-à-dire les germes d'une nouvelle humanité succédant à la précédente sur le même plan de la manifestation universelle, ou sur un autre plan si cette transition est envisagée à la fin du Kalpa?
      En revanche Tagada, je suis d'accord avec vous pour ce qui est des cycles secondaires se développant à l'intérieur de chaque Manvantara: là il n'y a pas de succession ascendante mais simplement éloignement du Principe, avec toutefois des "restaurations" ponctuelles (et relatives) à chaque changement d'âge...
      M. Paul, pour ce qui est des grandes énergies il se peut que vous ayez raison, je me basais sur l'idée (fausse peut-être?) selon laquelle chaque fin d'exo-Manvantara coïnciderait avec des évènements / cataclysmes au sein d'un système stellaire observables à l'échelle astronomique, mais c'est une extrapolation eschatologico-astrophysique sans doute discutable!
      Merci à tous les deux,
      Frank.

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    17. Cela semble l'inverse d'après un passage qui précède celui que vous citez :
      "Les Manvantaras, ou ères de Manus successifs, sont au nombre de quatorze, formant deux séries septénaires dont la première comprend les Manvantaras passés et celui où nous sommes présentement, et la seconde les Manvantaras futurs. Ces deux séries, dont l’une se rapporte ainsi au passé, avec le présent qui en est la résultante immédiate, et l’autre à l’avenir, peuvent être mises en correspondance avec celles des sept Swargas et des sept Pâtâlas, qui représentent l’ensemble des états respectivement supérieurs et inférieurs à l’état humain, si l’on se place au point de vue de la hiérarchie des degrés de l’Existence ou de la manifestation universelle, ou antérieurs et postérieurs par rapport à ce même état, si l’on se place au point de vue de l’enchaînement causal des cycles décrit symboliquement, comme toujours, sous l’analogie d’une succession temporelle."

      Ce qui me gêne c'est qu'alors le monde visible ne symbolise plus le tout mais seulement des états formels. Alors on peut dire que pour chacun de ces mondes les manvantaras sont en rapport avec tous les états manifestés, inférieurs et supérieurs y compris informels, mais c'est déjà vrai pour ceux associés à la terre seule et alors ils n'apportent rien de plus.

      Et pour les manvantaras au sens classique (temporel), ils ont une réalité accessible aux êtres peuplant la terre, même s'il n'y en a qu'un accessible à la fois, alors que les autres planètes sont définitivement hors de notre portée (dans la modalité corporelle), à part des bribes d'informations infimes amplifiées par des machines. Après il y a ceux qui défendent que c'est dans le destin de l'humanité d'aller coloniser d'autres planètes et de rencontrer des êtres extra-terrestres, mais personnellement je crois que c'est encore la traduction matérielle d'un désir imprudent d'explorer au hasard le domaine subtil et les divers êtres qui y vivent. Après c'est un espoir auquel se rattachent certains en se rendant compte que les hommes détruisent la terre de plus en plus méthodiquement et rapidement, ce serait pratique d'avoir d'autres environnements à gâcher pour ne pas avoir à changer d'attitude. Mais je crois que ce rêve est vain (et heureusement, cela limite la destruction !).

      De mon côté également ce n'est que mon avis, tout le monde peut se tromper.

      Bien cordialement.

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    18. Je pense important de rappeler un passage de Guénon (réf à suivre) qui mentionne explicitement que la succession 'temporelle' des Manvantaras n'est qu'un symbole. Il précise que dans un autre Manvantaras il y en aurait encore 6 précédents et 7 suivants.

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    19. Pour ce qui est du nombre 14 des manvantaras dans le kalpa, je crois qu'en effet il ne faut pas le prendre au sens littéral, de même que le nombre des mahayugas par kalpa (1000, qui n'est d'ailleurs pas un nombre cyclique mais qui fait plus penser à la représentation d'une indéfinité). Mais je ne sais pas si Guénon en a parlé.

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    20. Merci pour vos réponses... En effet, je crois plausible que le 14 ne soit pas à prendre littéralement, par exemple dans la sphère de la Kabbale hébraïque, il est souvent fait mention de septénaires qui renvoient, en fait, à l'intuition d'une intrication de cycles de diverses étendues : Les sept jours de la semaine, les sept ans formant un cycle Sabbatique, les sept fois sept ans allant d'un Jubilé à l'autre, les sept-mille ans représentant un grand cycle d'existence, les sept fois sept-mille ans aboutissant au cinquantième millénaire, au "grand Jubilé", où le monde est réintégré dans le Principe divin... (Source : Léo Schaya, L'Homme et l'Absolu selon la Kabbale, Chap.3, p.72). Je poursuis dans le prochain message, en me basant toujours sur cet ouvrage au plus haut point recommandable! ;)

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    21. Je reviens à présent à la question des Manvantaras et de leur succession temporelle au sein de notre Kalpa : Guénon fait référence, dans ses "Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques", au symbolisme Kabbalistique des sept Rois d'Edom, et assimile ceux-ci aux sept Manvantaras (le nôtre inclus) ayant abouti à la présente humanité: or Léo Schaya remarque, dans l'ouvrage précité, chapitre 5 (pp. 113 à 117), que la succession des Rois d'Edom correspondrait en effet à la "trace" (ou au reflet) dans notre monde des terres "inachevées", se situant hiérarchiquement au-dessous de la nôtre, et constituant autant de réapparitions des "étincelles éteintes" ou mondes antérieurs. L'auteur précise, à ce propos, que les six terres inférieures se manifestent, dans notre monde, comme autant de modes de participation imparfaits à l'état humain, la présente humanité apparaissant ainsi comme le sommet d'un long développement cyclique et hiérarchique d'états terrestres antérieurs et présents.
      Ainsi revenant à la question discutée plus haut de la succession temporelle des Manvantaras, selon la présente interprétation elle serait bien de nature ontologiquement ascendante, ce qui serait assez logique si l'on considère par exemple, abstraction faite de la théorie Darwinienne de la sélection naturelle, l'existence d'une myriade d'observation incontestables attestant d'une émergence progressive (et procédant d'ailleurs par cycles, cf. les "grandes extinctions") des règnes et espèces du vivant ayant abouti à la manifestation de l'humain tel que nous le connaissons, depuis les premières cellules indivises...
      Nous projetant vers l'avenir, les 7 Manvantaras ultérieurs symbolisent logiquement la poursuite de cette marche ascendante : s'agissant à présent de cycles qui refléteront les états supérieurs au sein de notre monde, on ne peut pas en dire grand chose si ce n'est qu'il s'agira probablement d'humanités non plus forcément biologiquement (très) différentes, mais sans doute spirituellement moins sujettes à la tendance "centrifuge" que nous manifestons depuis des millénaires, peut-être même des humanités dont les caractéristiques et aptitudes naturelles nous sembleraient "sur-naturelles", sachant qu'elles refléteront les états informels tout en restant bien sûr incluses dans le domaine d'existence qui est le nôtre : forme, espace, temps, nombre, etc.
      Elles connaîtront également une "chute", c'est à dire un éloignement graduel du Principe, puis des "restaurations" successives, mais sous des modalités et des formes qui nous seraient certainement difficilement imaginables...
      Des "métabolismes" analogues devant logiquement s'appliquer sur tous les mondes susceptibles d'offrir un lieu de gestation et de manifestation pour l'Homme Universel, sous des formes innombrables.
      Bien à vous,
      Frank.

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    22. Je me méfie des schuoniens :-) on m'avait déjà conseillé un livre de Burkhardt, et il y avait une grosse erreur dedans, et encore celui-ci n'a pas une formation purement schuonienne.

      Le septénaire est justement présent dans le temps au sens littéral, ce qui n'empêche pas qu'il est aussi en rapport avec différents symbolismes. Pour les 14 manvantaras, je crois par contre qu'au contraire ce n'est pas à prendre au sens littéral.

      Concernant l'ordre, qui serait ascendant, Guénon dit justement le contraire dans l'extrait reproduit plus haut :
      "Les Manvantaras, ou ères de Manus successifs, sont au nombre de quatorze, formant deux séries septénaires dont la première comprend les Manvantaras passés et celui où nous sommes présentement, et la seconde les Manvantaras futurs. Ces deux séries, dont l’une se rapporte ainsi au passé, avec le présent qui en est la résultante immédiate, et l’autre à l’avenir, peuvent être mises en correspondance avec celles des sept Swargas et des sept Pâtâlas, qui représentent l’ensemble des états respectivement supérieurs et inférieurs à l’état humain, si l’on se place au point de vue de la hiérarchie des degrés de l’Existence ou de la manifestation universelle, ou antérieurs et postérieurs par rapport à ce même état, si l’on se place au point de vue de l’enchaînement causal des cycles décrit symboliquement, comme toujours, sous l’analogie d’une succession temporelle."
      Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques.

      Il donne bien l'ordre ascendant mais en parlant des Kalpas (ou états ou mondes), par exemple dans La Chaine des Mondes :
      "Ce qu’il importe de remarquer encore, c’est que la « chaîne » ne peut être parcourue en réalité que dans un seul sens, correspondant à ce que nous avons appelé la direction ascendante de l’axe ; ceci est particulièrement net lorsqu’on fait usage d’un symbolisme temporel, assimilant les mondes ou les états d’existence à des cycles successifs, de telle sorte que, par rapport à un état donné, les cycles antérieurs représentent les états inférieurs et les cycles postérieurs les états supérieurs, ce qui implique que leur enchaînement doit être conçu comme irréversible. D’ailleurs, cette irréversibilité est également impliquée dans la conception de ce même enchaînement comme ayant un caractère proprement « causal », bien que celle-ci suppose essentiellement la simultanéité et non plus la succession, car, dans un rapport entre cause et effet, les deux termes ne peuvent jamais être intervertis ; et, au fond, cette notion d’un enchaînement causal constitue le véritable sens de ce qui est traduit symboliquement par les apparences d’une succession cyclique, le point de vue de la simultanéité répondant toujours à un ordre de réalité plus profond que celui de la succession."

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    23. Il donne l'explication suivante dans une correspondance à Coomaraswamy (22 avril 1936) :
      "Cela dit, je crois que, pour résoudre la principale difficulté que vous signalez, il faut distinguer nettement deux choses tout à fait différentes : d’une part, ce qui se rapporte à la marche même d’un cycle, c’est-à-dire au sens du développement d’un monde ; d’autre part, ce qui concerne les êtres qui sont manifestés dans ce monde, mais qui ne font en somme que le traverser sans lui être liés essentiellement ; l’état de ces êtres doit, d’une façon générale, être, à chaque moment, en conformité avec les conditions du monde considéré, donc plus spirituel au début et plus matériel à la fin. On pourrait dire que, au début, un monde est apte à fournir un terrain de manifestation à des êtres réellement plus « avancés » que ceux qui viendront ensuite ; je ne vois pas qu’il y ait là quelque chose de contradictoire. - D’ailleurs, la distinction que je viens de dire apparaîtra nettement si, par exemple, on considère ceci : quand on parle des cycles précédant le nôtre (il est bien entendu que cela doit s’entendre analogiquement et non dans un sens littéralement temporel), on les représente comme au-dessous ou en arrière de nous ; quand on parle des êtres nous précédant dans le parcours des cycles, on les représente au contraire forcément comme au-dessus ou en avant de nous ; et ceci se rapporte naturellement encore à l’opposition des Dêvas et des Asuras... J’ai dû écrire autrefois, sur ces sortes d’antinomies « cosmologiques », quelque chose que je n’ai jamais publié, mais que je retrouverai sans doute parmi mes papiers, et que je pourrai peut-être reprendre un jour."

      C'est cohérent avec ce qu'il dit dans Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques, mettant en correspondance les manvantaras passés avec les swargas (êtres plus "avancés") et ceux futurs avec les pâtâlas (êtres moins "avancés").

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    24. Je comprends bien ce que vous exposez, Tagada, mais je reste néanmoins dubitatif, et cela principalement pour trois raisons:
      - Tout d'abord, dans le passage des "Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques" que vous avez cité, la correspondance faite par Guénon entre la succession des 14 Manvantaras et celle des Swargas / Pâtâlas n'apparaît pas de manière univoque : En effet, s'il part bien de l'idée du déploiement chronologique des 14 Manvantaras, il mentionne ensuite les 7 Swargas (états supérieurs) et les 7 Pâtâlas (états inférieurs), en reliant ceux-ci à la hiérarchie de états de l'Existence universelle (du plus élevé au plus bas)... Puis dans la suite du même paragraphe il reprend la correspondance mais cette fois-ci en sens inverse, car mentionnant l'enchaînement causal, allant des cycles antérieurs (Kalpas passés) aux cycles postérieurs (Kalpas futurs) à l'état humain, correspondant dès lors à leur succession ascendante... Finalement, en se basant sur ce seul passage, on ne peut guère trancher!
      - Concernant à présent la correspondance avec Coomaraswamy, là aussi tout paraît limpide bien sûr, à la condition de bien définir ce qu'on appelle "cycle" et "monde"... Si ce que dit Guénon est tout à fait limpide, la manière de l'appliquer aux condition réelles du monde (la planète terre, ou l'univers?) dans toute son étendue temporelle (des millénaires, des millions voire des milliards d'années?) n'apparaît pas limpide, loin s'en faut...
      - Dernier point : Une ascension d'ordre ontologique n'est-elle finalement possible que lorsqu'on quitte un état d'Existence pour passer au suivant? Cela me paraît en contradiction flagrante avec les données de l'expérience, qu'il s'agisse de l'expérience individuelle ou de l'observation du monde...
      Sans parler de l'incohérence "analogique" d'une telle discontinuité : Si, en effet, un niveau existe où les cycles s'enchaînent selon un mode ascendant (celui des Kalpas ou états d'Existence "successifs"), eh bien ce mode ascensionnel devra se refléter à l'intérieur même de chaque cycle, de même que se reflète la hiérarchie de l'Existence universelle dans la marche "descendante" de chaque Manvantara...
      Devrait donc exister, au sein de chaque Kalpa (ou état d'Existence), un/des mode(s) de participation à la succession ascendante, intriqués de manière (simple ou complexe) aux modes de déploiement descendant sur lesquels nous sommes d'accord... En termes "pneumatiques", on pourrait dire que si Brahma respire (symboliquement) l'Univers manifesté, ses Inspirs doivent aussi trouver des échos (symboliques) au sein de chaque cycle et de chaque état d'Existence. Il paraîtrait donc logique que se manifeste, à une certaine échelle dans l'imbrication des cycles cosmiques, une/des dynamique(s) de formation et de déploiements (relativement) ascendants, ce qui serait d'ailleurs en plein accord avec ce que l'on sait de la genèse et de la formation des mondes, du vivant terrestre et de nos vies elles-mêmes...
      Bref, de tout ceci nous pouvons au moins déduire que la cosmologie n'est pas science facile! :)
      Bien cordialement,
      Frank.

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    25. C'est vrai que ce n'est pas évident, sachant que l'enchaînement des Kalpas part du Principe et y revient :-) L'article "Quelques remarques..." reste clair je trouve. Pour les Kalpas c'est leur ordre de production qui est descendant, et leur parcours par les êtres manifestés qui est ascendant (article sur la Chaine des Mondes), et ce qui est projeté temporellement c'est bien l'ordre de production, comme Guénon le dit dans "Quelques remarques...". La succession temporelle ascendante n'est qu'un symbole pour nous faire concevoir le retour de chaque être vers le Principe, qui ne se fait pas horizontalement (selon un état) mais verticalement (selon la personnalité), pas temporellement mais causalement. Et je crois que le progressisme se trompe en prenant le symbole pour le symbolisé.

      Sinon je ne comprends pas pourquoi on se mettrait à appeler un monde un Manvantara, alors que cela désigne littéralement une ère (ère de Manu).

      Je n'ai jamais dit qu'il ne pouvait pas y avoir de remontée, c'est ce qui se passe à la fin de chaque cycle, mais cela n'a pas de rapport avec l'ordre des Manvantaras, ascendant ou descendant.

      Quelle durée assignez-vous aux pralayas, puisque ceux-ci correspondent à du non-manifesté ? Pensez-vous que le processus cosmogonique, décrit dans la Genèse ou autre, soit quelque chose qui doive être situé dans le temps ?

      Pour ce qui est de se baser sur la science profane, avec tout ce qu'elle a d'hypothétique, de versatile et surtout de restreint, je ne comprends pas trop où cela nous mène. L'observation des autres états ? Déjà que celle de notre état est bien pénible et hasardeuse.

      Bien cordialement.

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    26. Je n'entends pas que l'on doive se baser sur la science profane, mais selon moi toute cosmologie (science reliant les dynamiques de manifestation / résorption des mondes aux Principes métaphysiques) se doit de n'être pas indifférente à ce que l'on sait du monde : Or oui je vous rejoins, si les interprétations modernes et théories profanes n'offrent aucune base solide, en revanche certaines observations et recoupements sont bien de l'ordre du fait (et non de la théorie), tant ils sont aujourd'hui avérés dans des domaines aussi divers que l'astrophysique, la planétologie, la géologie, l'étude des formes vivantes terrestres, de leur émergence, de leur diversification et de leur évolution, l'embryogénèse animale et humaine, etc.
      D'ailleurs Guénon lui même, malgré la réserve que l'on sait vis à vis des théories dites "modernes", ne s'est pas privé, à plusieurs reprises, d'évoquer le symbolisme "cellulaire" de la formation du vivant, or on sait que la structure cellulaire des tissus est une observation datant du 17ème siècle, en plein triomphe rationaliste et grâce aux premiers pas de la microscopie moderne! Or on ne saurait le suspecter d'aucune concession à l'esprit de ce temps.
      Ceci pour dire que les sciences traditionnelles ne doivent point "fuir le monde" et son observation, dès lors que leur objet s'étend à la compréhension de celui-ci, toujours à la lumière des Principes bien entendu... Du reste les anciens faisaient aussi œuvre d'observation (souvent même remarquable selon les critères de l'astronomie moderne), ce qui ne les empêchait pas de toujours garder l'essentiel en vue... Je pense même que la perspective traditionnelle manque cruellement de défenseurs audibles et qualifiés afin d'œuvrer à de tels rapprochements, ce qui laisse le champ libre à toute une série d'interprétations pseudo-scientifiques et pseudo-traditionnelles... Mais c'est un autre débat!
      Je reviendrai (après ce préambule) sur le sujet qui nous occupe (celui du déploiement des cycles cosmiques et de la réintégration des êtres), car je crois que vous avez mis en effet le doigt sur un élément clé,
      mais il me faudra quelques jours encore pour mettre mes réflexions en forme...
      Bien à vous,
      Frank.

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    27. Je ne sais pas, vous parlez d'observation pure mais vous parlez bien de théories comme l'évolution (je précise pour lever toute ambiguïté possible que je ne suis pas créationniste), qui, même si elle a été perfectionnée depuis sa première formulation, reste une théorie, et est loin d'expliquer toutes les observations.

      Comment voulez-vous situer des faits en dehors de toute théorie ? Par exemple les chiffres en milliards d'années dont on parle comme d'une vérité révélée, c'est le fruit d'élaborations hypothétiques. On extrapole à partir des observations du monde actuel, selon des lois théoriques, et on prie pour que les conditions de ce monde aient toujours été les mêmes (sinon pas d'extrapolation possible), alors que Guénon parle bien de barrières temporelles multiples qui se dressent à l'observateur.

      Sinon je ne remets pas en cause la valeur de l'observation, qui est une connaissance en soi, connaissance qui sert de symbole pour faciliter la connaissance des réalités supérieures. Mais par contre je ne vois pas en quoi les dernières observations scientifiques changent la donne ?

      Bien à vous.

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    28. Je précise : si l'existence d'une dynamique évolutive du vivant est un fait avéré, l'interprétation des mécanismes présidant à celle-ci est de l'ordre de la théorie. Dans ce domaine, on peut aller (pour simplifier) d'une "descente" ou manifestation séquencée d'archétypes dans la substance vivante jusqu'à la théorie de la sélection naturelle par mutation aléatoires & sélection des plus aptes à survivre et à prospérer... On peut aussi concevoir toutes sortes d'options intermédiaires mais dans tous les cas l'existence d'une "émergence" dans les manifestation de la vie sur terre semble difficilement contestable...
      Et je suis d'accord avec vous que bien des observations restent à ce jour inexpliquées, par exemple le fait que l'étude phylogénétique des ramifications évolutives aient mis en évidence qu'à des moments et des endroits les plus divers, des formes de vie semblables se soient manifestées de manière biologiquement indépendante! Par exemple, la photosynthèse (dite en C4) est apparue indépendamment plus de 60 fois, les yeux plus de 45 fois, etc. (Source : CNRS, Carnets de science n°1, décembre 2016, pp. 132-135). Ainsi certains chercheurs "profanes" sont obligés d'admettre que les formes et structures du vivant terrestre sont beaucoup moins sensibles aux conditions initiales que ce qui était supposé auparavant, donc finalement relevant moins du "hasard" même s'ils se gardent bien de toute interprétation d'ordre métaphysique (ou même "méta-corporel") pour expliquer de telles constantes. Ainsi il est des faits d'observation orphelins de théorie, des questions sans réponses et c'est tant mieux!
      De même en astrophysique, il me semble difficile de contester aujourd'hui l'existence d'un univers (corporel) de dimensions gigantesques et dont l'âge se chiffre, oui, en milliards d'années (la planète terre elle-même ayant l'âge vénérable de 4,5 milliards d'années), mais aussi l'existence (on en est certains désormais) d'exo-planètes gravitant autour de presque chaque étoile... Tout ceci ne change pas la donne concernant les principes de base, mais peut (et à mon sens devrait) nous conduire à réfléchir à l'application de ces principes à la structure du monde tel qu'il se présente à nous. Cela ne concerne que celles et ceux qui en ressentent le besoin, sachant que certains êtres n'ont nul besoin d'une telle compréhension car l'accès direct aux Principes leur est aisé par la seule entremise d'une symbolique révélée... Pour les autres (dont je suis) une science scrutant les résonances (d'ordre symbolique également) entre le manifesté et ce qu'il manifeste peut s'avérer utile, mais ne saurait faire l'économie d'une prise en compte honnête d'un état des lieux des mises à jour de la cartographie spatiale et temporelle de notre monde... Sans aller trop loin non plus (vous remarquerez que je ne fais même pas référence au fameux "Big Bang" qui relève bien d'une extrapolation théorique et fait encore débat quoique de moins en moins).
      Bien sûr, on peut aussi supposer que tout est faux dans ce que l'on (croit) observe(r) depuis la fin du Moyen-Âge et que nous sommes victime d'une série d'illusions regrettables, et il y a d'ailleurs des "complotistes" qui vont dans ce sens (il y a même aux USA une Flat Earth Society!), mais je ne pense pas que ce soit très sérieux et il vaut mieux en rire!
      Je reviendrai donc vers vous la semaine prochaine avec qqs réflexions prudentes mais néanmoins éclairantes (je l'espère)!
      Bien à vous.

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    29. Ps : Vous avez raison sur la question des extrapolations, les scientifiques en sont conscients et n'oublient pas d'explorer ce type d'alternatives aussi... Il y a ainsi une incertitude sur le nombre de milliards d'années en raison de scénarios alternatifs concernant la genèse de l'univers corporel, et concernant également les dimensions de l'indéfinité spatiale, mais dans tous les cas on est aujourd'hui certains que les années se chiffrent (au moins) en milliards de même que le nombre de planètes potentiellement "habitables", ce qui (nous le verrons) aura logiquement des incidences sur la considération des cycles "historiques" au sein des cycles cosmiques.
      Mais en tout ceci les grands principes ne seront pas altérés, il s'agît juste d'une mise en perspective ou, si l'on veut, d'un élargissement du référentiel impliquant certaines transpositions sans rien changer à l'essentiel finalement... Du moins est-ce l'intention qui y préside!
      J'avoue ici ne bénéficier d'aucune connaissance directe des Principes (peut-être quelques reflets?), et n'agir en fonction d'aucun mandat Céleste (jusqu'à nouvel ordre)! Je compte donc sur vous pour discuter (voire disputer?) mes propositions sans craindre aucun châtiment... :))

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    30. Je n'ai aucune prétention non plus. Par contre je n'ai pas autant confiance que vous dans la science moderne, ce qui ne me fait pas croire pour autant à la théorie de la terre plate, qu'on attribue aux anciens surtout pour les ridiculiser (et je ne sais même pas si l'un d'eux a sérieusement soutenu cela, ce qu'on rapporte surtout ce sont des descriptions symboliques avec par exemple l'attribution du carré à la terre et du cercle au ciel, et dans ce cas c'est le lecteur qui croit trouver une absurdité là où il n'y a que sa propre incompréhension).

      Pour votre certitude, au contraire elle n'est pas conforme au point de vue scientifique selon lequel personne ne peut connaitre la vérité mais il y a juste un consensus d'hypothèses du moment voué à changer sans cesse. C'est seulement dans les ouvrages de vulgarisation pour le bas peuple qu'on affiche toutes sortes de certitudes.

      Certains verront l'intérêt pour cette science comme un élargissement, alors que sous un autre point de vue on peut la voir comme un ressèrement, par sa négation de tout le reste :

      "Toute la science « profane » qui s’est développée au cours des derniers siècles n’est que l’étude du monde sensible, elle y est enfermée exclusivement, et ses méthodes ne sont applicables qu’à ce seul domaine ; or ces méthodes sont proclamées « scientifiques » à l’exclusion de toute autre, ce qui revient à nier toute science qui ne se rapporte pas aux choses matérielles. Parmi ceux qui pensent ainsi, et même parmi ceux qui se sont consacrés spécialement aux sciences dont il s’agit, il en est cependant beaucoup qui refuseraient de se déclarer « matérialistes » et d’adhérer à la théorie philosophique qui porte ce nom ; il en est même qui font volontiers une profession de foi religieuse dont la sincérité n’est pas douteuse ; mais leur attitude « scientifique » ne diffère pas sensiblement de celle des matérialistes avérés. On a souvent discuté, au point de vue religieux, la question de savoir si la science moderne devait être dénoncée comme athée ou comme matérialiste, et, le plus souvent, on l’a fort mal posée ; il est bien certain que cette science ne fait pas expressément profession d’athéisme ou de matérialisme, qu’elle se borne à ignorer de parti pris certaines choses sans se prononcer à leur égard par une négation formelle comme le font tels ou tels philosophes ; on ne peut donc, en ce qui la concerne, parler que d’un matérialisme de fait, de ce que nous appellerions volontiers un matérialisme pratique ; mais le mal n’en est peut-être que plus grave, parce qu’il est plus profond et plus étendu. Une attitude philosophique peut être quelque chose de très superficiel, même chez les philosophes « professionnels » ; de plus, il y a des esprits qui reculeraient devant la négation, mais qui s’accommodent d’une complète indifférence ; et celle-ci est ce qu’il y a de plus redoutable, car, pour nier une chose, il faut encore y penser, si peu que ce soit, tandis qu’ici on en arrive à ne plus y penser en aucune façon. Quand on voit une science exclusivement matérielle se présenter comme la seule science possible, quand les hommes sont habitués à admettre comme une vérité indiscutable qu’il ne peut y avoir de connaissance valable en dehors de celle-là, quand toute l’éducation qui leur est donnée tend à leur inculquer la superstition de cette science, ce qui est proprement le « scientisme », comment ces hommes pourraient-ils ne pas être pratiquement matérialistes, c’est-à-dire ne pas avoir toutes leurs préoccupations tournées du côté de la matière ?"
      La Crise du Monde moderne.

      Bien à vous.

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    31. Guénon a raison bien entendu, et vous avez raison aussi sur une certaine vulgarisation de bas étage qui présente foule d'hypothèses invérifiées pour des certitudes avérées (par exemple pour ce qui concerne l'instant "zéro", la matière noire, les multivers, etc.).
      En revanche existe aussi une vulgarisation scientifique de bonne facture, exigeante car ne colportant pas n'importe quoi, et même de haut niveau : Michel Cassé, Jean-Pierre Luminet, Hubert Reeves (parmi d'autres) en sont des preuves vivantes.
      Voir ce beau texte de H. Reeves, qui témoigne d'une aspiration sincère au partage & à la quête de sens: http://www.hubertreeves.info/ecrits/visions.html
      Même si j'en conviens, nous ne sommes pas dans le domaine de l'intellectualité pure... Mais bon, cela mérite (peut-être?) la vision béatifique du Salut perpétuel! Ou peut-être un tel être sera t'il mûr pour une fonction de "Rishi" dans un prochain cycle d'existence? Son Soi seul le sait... ;)
      Je dis juste cela pour apporter un peu douceur et de miséricorde, en complément à la (ô combien nécessaire) rigueur Guénonienne!
      Cordialement,
      Frank.

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    32. La miséricorde serait peut-être plutôt d'accepter que d'autres pensent différemment de vous. Comme ce Reeves (qui est un bel exemple de mysticisme scientiste), votre ton devient assez parodique.

      Cordialement.

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    33. Parodique?... Je ne comprends pas pourquoi vous dites cela! J'écrivais sans nulle arrière pensée, car c'est effectivement ma manière de penser, et j'accepte tout à fait que d'autres ne pensent pas ainsi!
      Je ne vois même aucun désaccord de fond entre vous et moi, juste une inflexion de sensibilité.
      Lorsque je découvris Guénon il y a plus de 25 ans (j'en avais 24 à l'époque!), je fus comme électrisé et devins moi aussi d'une grande intransigeance... Mais un cheminement de vie a depuis lors quelque peu poli mes arêtes et m'a ouvert les yeux (et le cœur) a des perspectives, des points de vue divers que je n'envisageais pas à l'époque.
      Aujourd'hui je crois qu'on peut rester fidèle à l'esprit de Guénon sans le suivre "à la lettre", qu'on peut même l'oublier un temps, s'éloigner de lui pour mieux y revenir avec des oreilles neuves... Ce n'est bien sûr pas une recette de vie et il n'y a rien d'obligatoire, mais c'est ma manière d'être (ou plutôt d'exister:).
      Vous vous "méfiez des Schuoniens" avez-vous dit, eh bien moi je vous inviterais aussi à vous méfier des Guénoniens! Je suis pour ma part étranger à toute querelle de clocher, même si je sens bien que Schuon a sans doute (à un moment donné) commis des erreurs ayant pu avoir des répercussions notoires... Il n'a pas non plus écrit (ni fait) que des bêtises! Et ne vous en déplaise, Burckhardt et Schaya sont deux auteurs absolument remarquables et dont les écrits "brillent" de stations élevées cela ne fait aucun doute. Mais là non plus il n'y a rien d'obligatoire...

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    34. Enfin pour revenir à notre débat sur les sciences, je me désole de ce malentendu. En fait mon intention relèverait simplement d'une possibilité admise par Guénon lui-même et exprimée le recueil "Mélanges" (La science profane devant les doctrines traditionnelles):
      "On pourrait se demander si, malgré tout, une telle science (profane) ne peut pas être légitimée, en rétablissant, pour la part de vérité qu’elle peut contenir dans un ordre relatif, le lien avec les principes, qui seul permettrait de comprendre effectivement cette vérité comme telle. Assurément, cela n’est pas impossible dans certains cas, mais alors ce n’est plus de la même science qu’il s’agirait en réalité, puisque cela impliquerait un changement complet de point de vue, et que, par là même, un point de vue traditionnel serait substitué au point de vue profane ; il ne faut pas oublier qu’une science ne se définit pas uniquement par son objet, mais aussi par le point de vue sous lequel elle le considère. S’il en était ainsi, ce qui pourrait être conservé devrait être soigneusement distingué de ce qui serait au contraire à éliminer, c’est-à-dire de toutes les conceptions fausses auxquelles l’ignorance des principes n’a permis que trop facilement de s’introduire ; et la formulation même des vérités aurait le plus souvent besoin d’être rectifiée, car elle est presque toujours influencée plus ou moins gravement par ces conceptions fausses auxquelles les vérités en question se trouvent associées dans la science profane. Nous avons nous-même, dans un de nos ouvrages, donné à ce sujet quelques indications en ce qui concerne certaines parties des mathématique modernes".
      Voilà qui est très clair! Etant entendu que je n'aurais pas la folle prétention d'être l'instigateur mandaté & qualifié pour un tel "redressement" (impliquant forcement un -haut- degré de réalisation effective!), mais simplement d'effectuer un travail de réflexion préparatoire qui, même partiel et inachevé, pourrait être un jour de quelque utilité...
      Bien à vous.
      Ps: C'est pourquoi je serais heureux, lorsque les grandes lignes en seront dessinées, de vous le soumettre pour recueillir vos avis (le vôtre Tagada, mais aussi celui de M. Bruno s'il nous lit toujours?).
      Pps: je pense que cela prendra plutôt quelques semaines de réflexion et de recherches, notamment sur les doctrines cycliques, donc je vous laisse tranquille un moment ! (Je vous entends déjà dire "Ouf"!:))

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    35. Comparer une figure médiatique de prêtre scientiste à un rishi, c'est vraiment parodique.

      Qu'en savez-vous que je lis l’œuvre de Guénon à la lettre et que je n'essaie pas de la comprendre en profondeur ? Et en quoi cela vous dérange que je lui trouve de la valeur, mais pas spécialement à Schuon et toute sa clique ? Que je trouve répugnants et que je rend responsables de la mort prématurée de Guénon, pas par leur erreurs mais par leurs manigances pour des questions de pouvoir. Que certains aient pu avoir dit des choses intéressantes, pourquoi pas, mais en majorité ils ont simulé une valeur en tentant de se mettre dans l'aura de Guénon, et dans leur attitude ils sont pires que les ennemis revendiqués de Guénon. Je vous ai déjà dit que Burckhardt ne m'apparaissait pas si remarquable que cela, mais ce n'est pas un ressenti, je m’appuie sur des choses concrètes, ayant vu chez lui une grosse erreur qui se retrouve ensuite dans tous les traducteurs de l’œuvre d'Ibn Arabi. Enfin pourquoi donc préférerais-je aux schuoniens les "guénoniens" ? Et déjà est-ce que ce terme a seulement un sens ? Guénon a toujours refusé d'avoir le moindre disciple.

      Il y a votre opinion sur ce que l’œuvre de Guénon a produit sur vous, et il y a les autres, et votre démarche n'est pas forcément à calquer sur les autres. Vous essayez de me faire plier, mais je trouve plutôt que c'est vous qui êtes rigide.

      Oui bien sûr vous pouvez venir en discuter si le cœur vous en dit. Après je ne sais pas si cette science peut être légitimée vu tout ce qui va avec.

      Bien à vous.

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    36. Cher Tagada, permettez-moi de rectifier:
      Je ne comparais pas M. Reeves à un Rishi, je disais juste que nul ne sait si un tel être, dans un autre état d'existence, ne serait pas Rishi?... Mais j'entendais cela par "transposition imaginaire", afin d'adoucir le préjugé que l'on pourrait avoir dès qu'il s'agît d'hommes de science (profane). Par ailleurs, pour qui le connaît un peu je ne crois pas que le qualificatif de "prêtre scientiste" soit celui qui convient...
      Par ailleurs je ne vous méjuge pas en sous-entendant que vous n'approfondriez pas l'œuvre de Guénon ; je parlais juste de mon cheminement qui partit d'une lecture très littérale pour évoluer à travers des prises de distances & retours successifs, manière que j'ai d'ailleurs précisée n'être point un modèle (chaque être étant unique)!
      Pour le complot des Schuoniens je ne sais pas, pour Schuon lui-même c'est bien possible, vu ses "prétentions" à la création d'une Voie dans lesquelles il aura pu s'égarer un temps, mais pour Schaya ou Burckhardt je ne vois pas, sachant qu'une erreur sur l'interprétation d'Ibn Arabi peut avoir existé, ce qui ne me choque pas plus que cela vu que je ne crois pas qu'aucun humain soit véritablement infaillible, surtout l'humain en voie de perfectionnement que nous sommes toutes & tous à notre manière propre!
      Cordialement,
      Frank.

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    37. Je ne comprends pas trop, vous parlez de préjugé mais c'est vous-même qui allez dans ce sens en lui attribuant un caractère spirituel, c'est exactement le néo-spiritualisme scientiste que Guénon décrivait déjà à son époque, chez Flammarion par exemple.

      Oui mais vous ne disiez pas cela gratuitement, mais pour apporter de la douceur et de la miséricorde en complément de la rigueur guénonienne (ce sont vos mots, dans un message plus haut), la rigueur étant quelque chose d'inférieur à la miséricorde. Après votre point de vue ne me dérange pas spécialement, mais je ne peux m'empêcher de lui voir une ressemblance avec beaucoup d'autres avis sur Guénon, comme quoi son œuvre est uniquement bonne pour comprendre que tradition est mieux que modernité, et qu'ensuite il faut arrêter de le lire et uniquement rentrer dans le rang d'une tradition particulière. Ou encore qu'elle n'est qu'une introduction qu'il faut ensuite abandonner pour passer à Schuon ou à une de ses lignées comme Valsan. En fait dès qu'on s'intéresse à Guénon on est forcément taxé de méchant, d'étroit, de rigoriste, etc., diverses voix s'élèvent, mettant en garde contre des dérives, un enfermement, pourquoi pas une radicalisation ? C'est risible, et ceux-là n'ont qu'à pas le lire si cela leur fait peur et laisser les autres libres de leurs lectures.

      Je n'ai pas parlé de complot, ça n'est pas quelque chose qu'ils ont élaboré sur un tableau au fond d'une cave, c'est simplement que c'étaient les agents de Schuon. Schaya n'était pas le successeur de Schuon ? Pour l'erreur dont je parle et qui concerne les cieux planétaires (cf. article sur ce blog), ce n'est pas une simple erreur de détail, mais cela montre une incompréhension du symbolisme et des réalités profondes qui y sont liées, et c'est plutôt fâcheux pour des gens qui ont des statuts d'enseignants spirituels juchés sur des stations élevées.

      Cordialement.

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  3. tagada,

    J'ai une autre question à propos du Manvantara: Guénon ne confond-il pas, tout simplement, ce dernier avec un mahayuga (c.-à-.d. un cycle de quatre yugas) ? Ainsi, il diminue aussi considérablement la durée d'un kalpa. C'est comme si un certain préjugé abrahamique s'y insère dans la trame védique, préjugé qui tend à le faire rapprocher l'horizon étroit des religions (abrahamiques) avec celui, très large, de la tradition (védique) primordiale. Par "étroit", j'entends la chronologie du calendrier juif, dont toutes ces religions s'inspirent (ainsi que leurs déviations modernes, littéralistes et créationnistes). Inutile de vous rappeler que le commencement de ce calendrier (il y a environ 6000 ans) correspond plus ou moins avec celui du Kali Yuga lui-même. Voilà pourquoi Guénon dit, à juste titre, que les religions abrahamiques ne sont pas d'origine hyperboréenne, mais d'origine occidentale/atlantéenne.

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  4. Il dit explicitement que c'est la même chose :
    "Le Manvantara ou ère d’un Manu, appelé aussi Mahâ-Yuga, comprend quatre Yugas ou périodes secondaires"
    Le Roi du Monde, ch. VIII, note 2.

    Le Kalpa a-t-il une durée définie ? Étant donné que c'est l'ensemble de l'état humain, sa représentation sous forme temporelle doit être prise symboliquement je pense, de même que les autres Kalpas, qui sont chacun soumis à des conditions propres et parmi lesquelles il n'y a même pas forcément de condition de succession telle que le temps.

    Pour le préjugé abrahamique, je ne vois pas trop d'où cela pourrait venir, Guénon était autant hindou que musulman. D'après les informations qu'il donne, le début du calendrier juif ne date pas du début du Kali-Yuga mais 720 ans après, le début du Kali-Yuga lui correspond à l'époque de la tour de Babel, et ces deux époques sont bien après la destruction de l'Atlantide. En fait toutes les traditions sous leur forme actuelle sont apparues dans le Kali-Yuga, pour lequel elles sont adaptées. Mais aussi elles se rattachent toutes, plus ou moins directement, à la tradition primordiale. Pour le rattachement des traditions abrahamiques au courant atlantéen, je crois que ça s'explique par l'intermédiaire de la tradition chaldéenne.

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    1. Merci de votre réponse.

      Je savais déjà que Guénon assimilait l'un à l'autre, mais je ne sais pas comment il justifie cette assimilation. C'est une version que je n'ai trouvée nulle part ailleurs. Chez Schuon, Eliade, etc., ainsi que sur Wikipedia (oui, j'admets) on trouve toujours une seule et même version, à savoir : quatre yugas font un mahâ-yuga, 71 mahâ-yugas font un manvantara, 14 manvantaras (ou 1000 mahâ-yugas) font un kalpa.

      Pour votre information, j'ai lu les ouvrages suivants de Guénon : La crise du monde moderne, Orient et Occident, L'introduction aux doctrines hindoues, le Règne de la Quantité et le Symbolisme de la croix (pas encore terminé) (dans cet ordre "heureux", que je peux conseiller à tous ceux qui s'y intéressent). Le français n'étant pas ma langue maternelle, cela m'a pris d'ailleurs quelque temps pour les digérer et les assimiler (le mieux possible).

      Or, je cite mes lectures, parce qu'aucun d'entre eux n'entre dans le détail sur ce sujet. De ce que j'ai lu, j'ai compris que Guénon a toujours été très réticent à s'exprimer sur la doctrine des cycles (d'ailleurs délibérément dissimulée selon lui, pour que l'homme ne connaisse pas son avenir). Pourtant, il s'y est aventuré quand même et a fixé la durée d'un mahâ-yuga à 64800 ans humains. Même multiplié par 14, cela me semble encore une durée à la taille humaine (Guénon humaniste ?). Que dirait-il de certains fossiles (p.ex. des dinosaures, ressemblant par ailleurs les dragons) ?

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    2. Oui, cela peut déjà être difficile lorsque l'on parle le français comme langue maternelle, alors j'imagine que cela nécessite encore plus d'efforts pour quelqu'un qui l'apprend comme seconde langue, ces efforts sont d'autant plus méritoires.

      Eliade n'est pas hindou, c'est juste un chercheur. Pour Schuon je pense que c'est un personnage très malsain et qu'il n'a aucune autorité, dans quelque tradition que ce soit, et de toute manière il n'a jamais été hindou non plus. Concernant Wikipedia, je ne dis pas que tout est à jeter loin de là, mais pour les articles sur les doctrines hindoues il faut vraiment faire attention de manière générale, les sources citées sont souvent des théosophistes comme Leadbeater (c'est peut-être favorisé par le fait que cette encyclopédie demande des références de livres).

      Enfin, il est très possible qu'il y ait cette indication dans un texte hindou, mais qui nécessite peut-être interprétation. Pour les durées des cycles, Guénon indique que, pour cette raison de discrétion que vous évoquez, les valeurs données sont fausses (beaucoup trop grandes) et seules les proportions sont vraies. Peut-être que là aussi ces données sont en partie fausses pour égarer le profane ?

      Ce n'est pas spécialement Guénon qui est réticent à donner des informations sur les cycles, en tout cas ce n'est pas seulement par discrétion qu'il s'est peu exprimé sur ce sujet (à ma connaissance c'est lui qui a donné le plus d'informations sur ce sujet), mais il disait surtout que c'était difficile à exprimer de façon compréhensible, et nous sommes peut-être en face de ces difficultés dans notre conversation actuelle.

      Pour le Kalpa, comme je vous disais plus haut, il est possible que le nombre 14 indiqué soit uniquement symbolique et ne corresponde pas vraiment à sa durée : notre Kalpa est notre état tout entier, et le temps est une condition de cet état (il n'y a pas de temps dans les autres Kalpas, mais d'autres conditions). 14 c'est 7 + 7, c'est censé signifier d'une part le reflet des états supérieurs, et d'autre part la trace des états inférieurs. Et ces états sont en nombre indéfini, 7 est un nombre symbolique. Dans un autre Manvantara, il y aurait toujours ce rapport à des états supérieurs et des états inférieurs en nombre indéfini, il y aura toujours 7 après, et 7 avant (6 + le Manvantara présent).

      Pour les dates attribuées aux dinosaures, c'est une autre question, je ne sais pas quoi en penser, je crois qu'on nous apprend cela et d'autres choses comme des certitudes, parce que la "science" est la "pseudo-religion" de notre société matérialiste et qu'il faut y croire. Je ne dis pas que c'est faux, mais c'est hypothétique en tout cas, et on veut que ce soit vrai pour satisfaire un besoin qui est religieux en réalité, besoin d'avoir une histoire qui raconte nos origines, après avoir jeté le passé à la poubelle. On sait déjà très peu de choses pour des périodes beaucoup plus récentes (dès qu'il n'y a pas de documents écrits comportant des dates).

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  5. Bonjour Monsieur,
    Auriez-vous par hasard l'inventaire des livres retrouvés dans la bibliothèque de René Guénon, après son départ , svp ?
    Je me souviens qu'il y avait très peu de références .
    Bonne continuation
    Cordialement

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  6. Bonjour Monsieur,

    Non je ne l'ai pas, il y a eu un article qui est paru sur cette question, mais c'était dans une intention hostile, de la part des détrousseurs de tombes habituels. N'arrivant pas à la comprendre en elle-même, ils ont tenté de la percer par des sources livresques, en vain.

    Cordialement.

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    1. bonsoir,
      Je ne sais pas quelle authenticité accorder à cette liste :
      https://fr.scribd.com/document/75023099/Voyage-a-travers-la-bibliotheque-de-Rene-Guenon

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    2. Bonjour,

      Je ne sais pas, pour les personnes intéressées il doit toujours être possible d'aller vérifier sur place.

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  7. Bonjour Monsieur,

    Voici un lien pour vous qui vous sera d'une grande utilite a vous ainsi qu'a vos lecteurs

    http://www.remi-bato.com/fm/pdf/Ren%C3%A9%20Gu%C3%A9non-tout%20gu%C3%A9non-v2.pdf

    Salutations

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  8. Bonjour Monsieur,

    Merci, je n'avais jamais vu cette version de l’œuvre.

    Salutations.

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  9. Bonjour Tagada, j'ai une question un peu difficile je crois. Cela fait plusieurs années que j'étudie son oeuvre et je n'arrive toujours pas à comprendre ce point. La connaissance se fait par identification, nous sommes d'accord mais dans ce cas la connaissance porte sur l'être. Comment une quelconque identification avec le Non être est t'elle possible ? Guénon affirme que la connaissance intégrale coïncide avec l'infini métaphysique. Je comprends pour la connaissance de l'Être que j'ai réalisé lors il y'a quelques années mais celle du non être je ne comprends pas. Penses-tu pouvoir m'éclairer ?

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    1. Ramana Maharshi l'explique très bien : Ce n'est pas le moi qui "réalise" le Soi... Mais c'est l'effacement (ou la "mort", ou l'extinction) du moi qui aboutit de facto au rayonnement du Soi en lieu et place...
      Dit autrement : si l'existant cesse d'exister, l'Être surgit! De même de l'Être au Non-Être : là où cesse l'Être commence le Non-Être. Mais le moi ne réalise ni n'expérimente rien de tout cela, bien entendu. Ce n'est qu'un voile, un écran passager, qui ne sert qu'un temps. Bien à vous,
      Frank.

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  10. Bonjour,

    "La connaissance se fait par identification, nous sommes d'accord mais dans ce cas la connaissance porte sur l'être"
    Pourquoi ?

    "la connaissance de l'Être que j'ai réalisé"
    Vous êtes donc au delà de l'état primordial ?

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    1. Parce que être et connaitre sont deux choses identiques à ce niveau là, et donc l'intellect s'identifie à l'être qu'il connait. Mais dans le cas du non être, je ne comprends pas comment il peut y avoir une identification, une identification à quoi en faite ? Les possibilités de non-être je ne comprends pas du tout comment on peut en avoir connaissance (l'exemple du cercle carré m'intrigue au plus haut point.)

      Non je ne pense pas, j'ai réalisé l'union à Dieu par voie mystique (la dernière étape de l'amour chez Saint Bernard ressemble le plus à ce que j'ai vécu) et non par voie initiatique, j'ai la certitude absolue que l'Être est mais je ne sais pas si je ne suis pour autant au delà de l’état primordiale, ces notions sont trop complexe en dehors d'une voie régulière.

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  11. "Parce que être et connaitre sont deux choses identiques à ce niveau là, et donc l'intellect s'identifie à l'être qu'il connait"
    Je ne sais pas à quel niveau vous vous placez exactement. Par exemple si vous écoutez le silence, est-ce que vous ne pouvez pas vous y identifier aussi bien que si vous écoutiez un son quelconque ? Pourtant le silence est une possibilité de non-manifestation, il est donc du domaine du Non-Être.

    De manière générale, on peut tenter de concevoir le non-manifesté à partir du manifesté. Celui-ci n'est qu'une partie du tout, le non-manifesté c'est le reste, pour le son, vous pouvez écouter un morceau, toutes les notes qui ne sont pas jouées, c'est du domaine du Non-Être, et pour que ce morceau soit tel qu'il est il faut bien qu'il y ait des "vides", des silences entre les notes, etc., cela fait partie de lui aussi. Mais cela ne peut pas se saisir par l'imagination, qui elle manifeste des formes, cela se fait plutôt dans l'autre sens, en s'en retirant.

    Peut-être que vous trouverez à propos cette précision de Guénon dans l'avant-propos du livre "Les États multiples de l'être" :
    "Une autre remarque s’impose encore, au sujet de l’emploi que nous faisons du mot « être » lui-même, qui, en toute rigueur, ne peut plus s’appliquer dans son sens propre quand il s’agit de certains états de non-manifestation dont nous aurons à parler, et qui sont au delà du degré de l’Être pur. Nous sommes cependant obligé, en raison de la constitution même du langage humain, de conserver ce terme même en pareil cas, à défaut d’un autre plus adéquat, mais en ne lui attribuant plus alors qu’une valeur purement analogique et symbolique, sans quoi il nous serait tout à fait impossible de parler d’une façon quelconque de ce dont il s’agit ; et c’est là un exemple très net de ces insuffisances d’expression auxquelles nous faisions allusion tout à l’heure. C’est ainsi que nous pourrons, comme nous l’avons déjà fait ailleurs, continuer à parler de l’être total comme étant en même temps manifesté dans certains de ses états et non-manifesté dans d’autres états, sans que cela implique aucunement que, pour ces derniers, nous devions nous arrêter à la considération de ce qui correspond au degré qui est proprement celui de l’Être."

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    1. Oui c'est un peu difficile de parler de ces choses là je te remercie de ta réponse. Le niveau dont je parle est celui de la contemplation pure, celle dans laquelle le "je" disparaît pour s'identifier au Christ, au Logos (je suis catholique mais je crois que cela corresponds assez exactement à la réalisation du Soi par le moi). Dans cet état, j'ai pris connaissance de la réalité du non manifesté, un genre de faisceau lumineux sortant de moi ou du Christ (nous n'étions plus deux réalités distinctes à ce moment là) contenant tout les mondes possibles, et notre monde n'était qu'une possibilité parmi toutes les autres, avec en plus la certitude absolue que Dieu est la seule réalité et qu'il est la source de toutes ces possibilités.

      C'est justement ce passage qui m'intrigue et ces états au delà de l'Être pur, car si j'arrive à comprendre le non manifesté (le silence que tu évoques ou même à un autre niveau le vide, bien qu'il s'agisse d'un silence et d'un vide relatif, l’éther remplit tout, notre sens de l'audition ne perçois que certaines vitesse de vibrations mais tout ce qui existe vibre à une certaine fréquence donc le silence que l'on conçoit n'est pas a proprement parler le silence absolu)
      Mais c'est le non manifestable que je n'arrive pas du tout à comprendre, le silence et le vide absolue il m'est impossible de les concevoir, or la Tradition Hindou affirme que la connaissance intégrale s'identifie avec l'Infini métaphysique, je ne comprends pas comment c'est possible de connaitre positivement le non manifestable. Le non-manifesté est dans l'Être, il m'est accessible bien qu'il ne se manifeste pas, mais le non manifestable, là je ne vois pas du tout comment Guénon considère qu'on puisse le connaitre.
      Je crois d'ailleurs que c'est l'un des grands débats scolastiques, pouvons nous vraiment connaitre l'essence de Dieu ? Je sais que l'Être est, mais je ne conçois pas qu'on puisse savoir ce qu'il est, en tant que Dieu est un non manifestable.

      Je ne sais pas ce que je dis est facilement compréhensible, mais ça fait plusieurs années que je bloque sur ce point.

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    2. Bonsoir,
      permettez-moi d'esquisser une tentative d'explication.
      Prenons un modèle naïf : imaginez que vous et moi et tout le reste vivions sur une ligne, une droite infinie, qui serait la manifestation de l'ensemble de l'univers pour notre intellect.
      Supposons que le domaine métaphysique, ou le Centre du monde, soit un plan, infini dans toutes ses dimensions.
      La compréhension de notre intellect de ce domaine peut s'illustrer comme l'intersection entre la droite et le plan.
      Il existe 3 possibilités: soit cette intersection est un point, soit c'est une droite infinie superposée à la "droite qui est l'univers", soit il n'y a pas d'intersection.
      Dans ce dernier cas, ne peut-on pas dire que toutes les évolutions qui se produiraient sur le domaine métaphysique sont de l'ordre du non-manifestable par rapport à notre intellect situé sur la droite ?

      Si vous me suivez, ce modèle peut se généraliser, par exemple en admettant que le domaine de l'esprit fait intervenir des dimensions supplémentaires, non-manifestables. En mathématiques, ce procédé est très courant. La plupart des objets mathématiques (si ce n'est tous) ne sont pas perceptibles par les mathématiciens, mais ils utilisent des représentations symboliques qui leur permettent une forme de connaissance positive de ces objets. Un objet mathématique est une forme non-manifestable.

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    3. Bonjour,

      Si vous représentez le domaine métaphysique par un plan au sein d'un espace à 3 dimensions (vous parlez d'intersection entre ce plan et une droite), alors le domaine physique est donc constitué par le reste de cet espace ?

      Je ne sais pas si on se comprend sur les termes, la pensée c'est aussi de la manifestation, le domaine métaphysique concerne ce qui est au-delà de toute manifestation (conformément à l'étymologie de ce mot), et donc il n'évolue pas. Pour l'intellect je ne crois pas que ce soit celui qu'on puisse attribuer à untel ou untel, mais il est supra-individuel.

      Guénon donne de précieux éclaircissements sur ces sujets, sur l'intellect, sur la différence entre infini et indéfini, etc.

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    4. Bonjour,

      la première partie de mon message est à oublier. L’exemple choisi est un très mauvais exemple car trop simpliste, il n’entraîne que confusion quand on commence à le développer.

      Je souhaiterais reprendre sous une autre forme, mais en commençant par des questions pour nous entendre sur un cadre :
      - a) l’univers sensible et matériel
      - b) le domaine de l’intellect, des pensées, supra-individuel
      - c) le domaine métaphysique, supra-humain
      b agit sur a
      c agit sur b donc sur a aussi
      a peut agir sur b (ex : les drogues)
      ni a ni b ne peuvent agir sur c ; on peut dire alors que c est disjoint de a et de b, donc que ni a ni b ne sont inclus dans c.

      1) la somme a+b+c a-t-elle un sens ? comment l’appeler ?

      2) a est-il inclus dans b selon Guénon ?

      3) vous dites : « la pensée c'est aussi de la manifestation, le domaine métaphysique concerne ce qui est au-delà de toute manifestation ».
      On peut donc dire que c est au-delà de toute pensée.
      Ceci signifie, selon moi, que la pensée ne peut pas caractériser « pleinement » c. Cependant, je pense la pensée peut en saisir quelques aspects, un vague périmètre, même flou, approximatif, diffracté. L’oeuvre métaphysique de Guénon a précisément cette perspective. Notons que les écrits de Guénon sont le reflet dans a de sa pensée dans b à ce sujet.

      4) reprenons la deuxième partie de mon précédent message : je proposais de dire que les objets mathématiques sont d’une nature « proche » de celle de c.
      Un objet mathématique n’est jamais complètement défini. Des travaux en dégagent certaines caractéristiques (propriétés formelles) ; un temps s’écoule ; d’autres travaux viennent dégager de nouveaux aspects d’objets mathématiques que les spécialistes pensaient parfaitement connaître. Donc la nature propre d’un objet mathématique est insaisissable par la pensée.
      Cela n’empêche pas les mathématiciens d’élaborer des théorèmes (dans b) au moyen de symboles (dans a), pour petit à petit « approfondir » la connaissance de ce continent mathématique sans limites (d'une nature "proche" de c).

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    5. Bonjour,

      Je me suis trompé, le domaine métaphysique comprend ce qui est au-delà de la forme, il comprend donc la manifestation informelle (physique est pris au sens de manifestation formelle ou individuelle).

      1) Les pensées sont formelles, donc individuelles, contrairement à l'intellect qui est informel et appartient au domaine métaphysique. En prenant cela en compte, on pourrait peut-être dire que a est le domaine corporel (sensible), b est le domaine formel, ou individuel, ou encore psychique, et c le domaine métaphysique, ou informel, ou universel. a + b + c correspond au tout.

      2) La forme est une des 5 conditions de l'existence corporelle, donc oui a est inclus dans b. Ou bien on peut définir b comme ne comprenant pas a, mais dans tous les cas il le contient en principe, de même que c pour b.

      3) c est au-delà de toute pensée, mais c'est parce que la pensée se limite au domaine formel, qui est le domaine du mental, et c'est l'intellect qui peut comprendre les idées informelles ou universelles.

      4) Les mathématiques sont une science particulière s'appliquant à la quantité, elles ont donc pour objet quelque chose qui se trouve dans le domaine individuel, mais si on les considère comme une science traditionnelle, elles peuvent servir de support pour connaître, par transposition, le domaine métaphysique. Le fait qu'on puisse indéfiniment pousser les recherches dans le domaine mathématique ne prouve pas que ce domaine puisse être illimité, c'est la différence entre indéfini, qui est un développement du fini, et infini.

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  12. C'est ce que Guénon dit de la scolastique, que celle-ci n'est pas allée au-delà de l'Être.

    Peut-être que c'est une histoire de circonscription, on prend souvent cela comme l'unique façon de connaître, on tente de maîtriser ce qu'il y a au sein d'un domaine, à l'intérieur d'une limite. L'approche négative c'est le contraire, mais cela ne veut pas dire que l'on ne connaît pas, c'est juste qu'on s'intéresse à ce qu'il y a de l'autre côté de la délimitation. Mais au départ on ne fait que tracer un trait qui coupe le tout en deux parties non symétriques. Et concevoir je crois que c'est juste tracer le trait, ce n'est pas se focaliser particulièrement et exclusivement sur le domaine délimité, ce que l'on a souvent tendance à faire. Enfin je ne sais pas non plus si ce que je dis est très clair.

    J'avais lu que cette démarche négative existait aussi dans le Christianisme, c'est la théologie apophatique, Vladimir Lossky en parle dans "Essai sur la théologie mystique de l’Église d'Orient".

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  13. Bonjour,
    Je relis "initiation et réalisation spirituelle"(troisième édition 1967 ET).Chap III "la maladie de l'angoisse " pe 33, il manque sûrement quelques mots; je cite :"on pourrait donc parler en ce sens,non pas d'une "angoisse métaphysique" jouant en quelque sorte le rôle d'un véritable "gardien du seuil", suivant l'expression des hermétistes,et interdisant à l'homme l'accès du domaine de la connaissance métaphysique."
    Après un "non pas", il doit y avoir un "mais" .

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  14. Bonjour,

    oui c'est une erreur, elle est déjà prise en compte dans l'errata :
    https://oeuvre-de-rene-guenon.blogspot.fr/2012/06/rene-guenon-recueil-posthume-apercus.html

    "on pourrait donc parler en ce sens, non pas d’une « angoisse métaphysique », mais au contraire d’une « angoisse antimétaphysique », jouant en quelque sorte le rôle d’un véritable « gardien du seuil », suivant l’expression des hermétistes"

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  15. Merci, j'avais pourtant imprimé les errata de 2012, mais celui-là était passé à la trappe.

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  16. Ah d'accord, oui les erratas sont mis à jour au fur et à mesure que de nouvelles erreurs sont découvertes, celle-ci a dû être trouvée entretemps.

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  17. bonjour,
    je tente ma chance parmi les lecteurs de ce blog:
    Je recherche un texte de novembre 1937 paru dans La Vita Italiana, signé « Arthos » (J. Evola) et intitulé "Trasformazioni del Regnum". Guénon y fait une brève allusion dans un de ces comptes rendus en 1938.

    Peut-être savez-vous où je peux retrouver ce texte (même s'il n'a pas été traduit) ?

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  18. Bonsoir, pour ma part je n'ai pas accès à ce texte.

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